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Les danses traditionnelles champenoises : un patrimoine vivant

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Les danses traditionnelles champenoises : un patrimoine vivant

Les danses traditionnelles champenoises regroupent un répertoire d’une dizaine de danses distinctes, transmises oralement depuis le XVIe siècle. La plus ancienne trace écrite remonte à 1588, dans l’Orchésographie de Jehan Tabourot, chanoine de Langres, qui décrit les branles pratiqués dans la région. Aujourd’hui, une quinzaine d’associations folkloriques perpétuent ces danses dans les départements de la Marne, de l’Aube et des Ardennes.

Les trois danses emblématiques

La polka champenoise

Variante locale de la polka classique, elle se distingue par des pas plus courts et des figures de couple tournoyantes. Les danseurs évoluent sur un rythme à 2/4 au son de l’accordéon diatonique et du violon. Cette danse animait les bals populaires des fêtes de vendanges jusqu’aux années 1950, avant de connaître un renouveau dans les années 1980 grâce aux associations de musique traditionnelle.

Le branle champenois

Le branle appartient à la famille des danses collectives médiévales. Les danseurs forment une chaîne ou un cercle et progressent latéralement en rythme. Particularité champenoise : chaque village possédait ses propres variations. Les branles de Haute-Marne et du sud-est de l’Aube diffèrent sensiblement de ceux pratiqués autour de Reims, preuve d’un patrimoine vivant et localisé.

La bourrée des vignerons

Spécifique aux zones viticoles, cette danse vigoureuse reproduit les gestes du travail de la vigne : taille, piochage, vendange. Elle se pratique en couple ou en groupe après les récoltes. Son tempo rapide et ses pas frappés au sol en font l’une des danses les plus physiques du répertoire champenois.

Soyotte, quadrille et autres danses du répertoire

Le répertoire champenois ne se limite pas à ces trois danses. La soyotte, dansée de la Champagne aux Vosges, alterne pas de déplacement et pas de ciseaux caractéristiques, son nom viendrait du champenois « soyer » (scier). Les quadrilles champenois, les gigas (où la jambe monte très haut) et les rondes complètent un corpus riche que la Maison du Folklore de Champagne documente et transmet.

Où pratiquer et voir ces danses

Plusieurs structures proposent un apprentissage régulier :

StructureLocalisationActivités
Maison du Folklore de ChampagneTroyes (Aube)Cours, stages, spectacles
Les Jolivettes de ReimsReims (Marne)Musique et danse traditionnelle
Association Jeune ChampagneTroyes (Aube)Danses et chants traditionnels
Bals folk régionauxItinérantsPratique ouverte à tous niveaux

Les bals folk restent la porte d’entrée la plus accessible. Pas besoin de connaître les pas : les danseurs expérimentés guident les débutants, et l’ambiance encourage l’apprentissage par la pratique. Certains festivals de musique en Champagne programment des démonstrations folkloriques et des bals ouverts pendant leurs éditions estivales.

Un patrimoine reconnu par l’UNESCO

Depuis 2006, la convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel protège les traditions orales, les pratiques sociales et les savoirs artisanaux. Les danses traditionnelles champenoises s’inscrivent dans ce cadre. La Maison du Folklore de Champagne œuvre à la collecte, la documentation et la transmission de ce patrimoine, un travail comparable à celui mené pour les caves de Champagne inscrites au patrimoine mondial.

Apprendre en pratiquant

Repérez le prochain bal folk dans votre secteur via les sites AccroFolk ou les agendas des associations locales. Première danse possible dès la première soirée. Pour ceux qui veulent aussi explorer la danse contemporaine en Champagne, les deux pratiques se nourrissent mutuellement : le travail des appuis et du rythme acquis en danse traditionnelle enrichit directement la pratique contemporaine.

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